<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Séminaires &#8211; Roland Recht</title>
	<atom:link href="https://www.rolandrecht.org/categorie/seminaires/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.rolandrecht.org</link>
	<description>Histoire de l&#039;art</description>
	<lastBuildDate>Tue, 01 Jun 2021 20:53:26 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Collaboration Jacques Bouveresse – Roland Recht</title>
		<link>https://www.rolandrecht.org/2021/06/01/collaboration-jacques-bouveresse-roland-recht/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Jun 2021 20:53:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>
		<category><![CDATA[Séminaires]]></category>
		<category><![CDATA[Collège de France]]></category>
		<category><![CDATA[Goethe]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Bouveresse]]></category>
		<category><![CDATA[Lichtenberg]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.rolandrecht.org/?p=1238</guid>

					<description><![CDATA[Collège de France &#8211; Année 2005-2006 Séminaire commun des Professeurs Jacques Bouveresse et Roland Recht : La théorie des couleurs de Goethe. Origines et influences, problèmes et controverses 15 et 16 juin &#8211; Francesco Solinas (Collège de France), Le goût pour la peinture antique ou la préhistoire de la théorie des couleurs de Goethe. &#8211; [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Collège de France &#8211; Année 2005-2006</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Séminaire commun des Professeurs Jacques Bouveresse et Roland Recht :</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>La théorie des couleurs de Goethe. Origines et influences, problèmes et controverses</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>15 et 16 juin</strong></p>



<p>&#8211; Francesco Solinas (Collège de France), Le goût pour la peinture antique ou la préhistoire de la théorie des couleurs de Goethe.</p>



<p>&#8211; Olivier Bonfait (INHA), Nature et effet des couleurs chez Félibien.</p>



<p>&#8211; Roland Recht, Runge et Goethe.</p>



<p>&#8211; John Gage (University of Cambridge, UK), Goethe : historian of colour ?</p>



<p>&#8211; Pascal Griener (Université de Neuchâtel, CH), Entre Goethe et Newton. Charles Lock Eastlake et les débats sur la couleur en Angleterre (1820-1860).</p>



<p>&#8211; John Hyman (Queens College, Oxford, UK), L’expérience de la couleur.</p>



<p>&#8211; Anne-Marie Lecoq (Collège de France), De l’essentiel à l’accessoire. Le statut de la couleur dans les écrits sur l’art (XVIII°-XIX° siècles).</p>



<p>&#8211; Christian Michel (Université de Lausanne, CH), La décomposition de la lumière selon Newton soumise à la critique de l’expérience des artistes.</p>



<p>&#8211; Justin Broackes (Brown University, Providence, USA), Goethe, Wittgenstein et la couleur.</p>



<p>&#8211; Didier Semin (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts, Paris), Couleur, occultisme et abstraction : Kandinsky et les « Formes-Pensées » de Besant et Leadbeater.</p>



<p>&#8211; Jacques Bouveresse, Goethe et Lichtenberg : le bleu du ciel, les ombres colorées, et la nature de la couleur.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Collège de France &#8211; Année 2009-2010</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Séminaire commun des Professeurs Jacques Bouveresse et Roland Recht :</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Georg Christoph Lichtenberg et la physionomie du monde : philosophie, physique, littérature, critique</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>2 avril, 24 et 25 juin</strong></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<p>&#8211; Roland Recht, Eléments pour une biographie de Georg Christoph Lichtenberg.</p>



<p>&#8211; Sigurd Paul Scheichl (Université d’Innsbruck), Quelques observations sur le style de Lichtenberg.</p>



<p>&#8211; Pascal Griener (Université de Neuchâtel, CH), Shakespeare, Garrick, Hogarth. Lichtenberg et la révélation de l’Angleterre.</p>



<p>&#8211; Gerald Stieg ( Université Paris III), Canetti lecteur de Lichtenberg.</p>



<p>&#8211; Jacques Bouveresse, Forces et faiblesses de l’Aufklärung : le rationalisme sceptique de Lichtenberg (1° partie).</p>



<p>&#8211; Ernst Osterkamp (Berlin et Hambourg, Warburg-Haus), La potence et la putain. Les obsessions de Lichtenberg.</p>



<p>&#8211; Rolf Wintermeyer (Université Paris III), Se penser soi-même et penser le langage : le dilemme de Lichtenberg.</p>



<p>&#8211; Roland Recht, Les yeux de Lichtenberg.</p>



<p>&#8211; Hans-Georg von Arburg (Université de Lausanne, CH), Anamorphoses. Lichtenberg interprète de Hogarth.</p>



<p>&#8211; Thomas Kirchner (Johann Wolfgang Goethe-Universität, Frankfurt), Les problèmes d’un illustrateur. Daniel Chodowiecki, entre Lavater et Lichtenberg.</p>



<p>&#8211; Ségolène Le Men (Université Paris X Nanterre), Gombrich lecteur de Lichtenberg.</p>



<p>&#8211; Florence Vatan (University of Wisconsin, Milwaukee), Lichtenberg et Musil.</p>



<p>&#8211; Jacques Bouveresse, Forces et faiblesses de l’Aufklärung : le rationalisme sceptique de Lichtenberg (2° partie).</p>
</div></div>



<p>La deuxième journée s’était achevée sur un concert donné par la soprano Sylvie Robert et les instrumentistes Jeanne Marie Conquer, violon, et Frédéric Stochl, contrebasse, de l’Ensemble InterContemporain, interprétant deux œuvres de György Kurtag dont l’une à partir des Sudelbücher de Lichtenberg, l’autre à partir de fragments de Kafka</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Séminaire 2011</title>
		<link>https://www.rolandrecht.org/2011/04/16/le-seminaire-2011/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[RR]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Apr 2011 07:15:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séminaires]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.rolandrecht.org/fr/?p=255</guid>

					<description><![CDATA[Programme du Séminaire de la chaire Histoire de l&#8217;art européen médiéval et moderne, année académique 2010-2011. Téléchargez le descriptif (format pdf)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Programme du Séminaire de la chaire Histoire de l&rsquo;art européen médiéval et moderne, année académique 2010-2011.</p>
<p><a href="http://www.rolandrecht.org/wp-content/uploads/2011/04/Affiche2.pdf" target="_blank">Téléchargez</a> le descriptif (format pdf)</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’histoire de l’histoire de l’art en France</title>
		<link>https://www.rolandrecht.org/2010/12/25/lhistoire-de-lhistoire-de-lart-en-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Dec 2010 18:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séminaires]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.rolandrecht.org/fr/?p=209</guid>

					<description><![CDATA[Séminaire (2001-2002) L’histoire de l’histoire de l’art en France Dans ce premier cycle d’une série qui abordera un thème auquel nous avons pour la première fois consacré des séminaires en 1980 au cours de notre enseigne930 ment à l’université de Dijon, nous avons voulu étudier quelques aspects d’une période de fondation de la discipline, soit [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong><a href="http://www.rolandrecht.org/wp-content/uploads/2010/12/thumbnail_cdf.jpg"><img loading="lazy" class="alignright size-full wp-image-215" title="thumbnail_cdf" src="http://www.rolandrecht.org/wp-content/uploads/2010/12/thumbnail_cdf.jpg" alt="" width="154" height="155" /></a>Séminaire (2001-2002)</strong></h3>
<h3><strong> </strong></h3>
<p><strong> L’histoire de l’histoire de l’art en France</strong><br />
Dans ce premier cycle d’une série qui abordera un thème auquel nous avons<br />
pour la première fois consacré des séminaires en 1980 au cours de notre enseigne930<br />
ment à l’université de Dijon, nous avons voulu étudier quelques aspects d’une<br />
période de fondation de la discipline, soit entre 1880 et 1914. Lors du séminaire<br />
introductif, nous avons abordé les principaux points de méthode qui doivent nous<br />
guider au cours d’une enquête que d’autres disciplines ont déjà entreprises à<br />
l’intérieur de leurs territoires respectifs et que l’histoire de l’art a également<br />
menée relativement tôt — dès les années 1970 — dans un pays comme l’Allemagne.<br />
Cette précocité s’explique par l’existence d’une tradition spéculative et<br />
réflexive déjà ancienne — précisément en plein développement dans les années<br />
1880 — et par l’important bouleversement méthodologique que connaît la discipline<br />
en Allemagne autour de 1970. Notre objectif est donc l’étude des conditions<br />
historiques de l’émergence d’un champ disciplinaire en France et de la formation<br />
d’une communauté scientifique qui la porte, tout en ne perdant pas de vue<br />
l’attention à l’historiographie allemande de l’art pour laquelle, à la fin du XIXe<br />
siècle, la Kunstgeschichte doit être un modèle pour l’ensemble des sciences<br />
humaines.<br />
Lors du séminaire du 17 mai, Madame Ségolène Le Men a parlé sur le thème :<br />
« Le naturalisme : l’arrivée d’un “ isme ” dans l’histoire de l’art contemporain ».<br />
Si l’historiographie contemporaine a, jusqu’à une date récente, occulté ce style,<br />
c’est parce qu’il étayait une esthétique en contradiction avec les postulats formalistes<br />
d’une modernité essentiellement tendue vers l’abstraction. Dans la première<br />
partie de son exposé, Mme Le Men a examiné la notion elle-même qui, entre le<br />
XVIIe et le XIXe siècle, répond la plupart du temps à une définition que donne<br />
Testelin en 1696 : « l’imitation exacte du naturel » dans tous les aspects de la<br />
vie du peuple et du pays. Dans une deuxième partie, elle a montré de quelle<br />
façon s’est construite la notion dans les années 1850 autour de Courbet. Le<br />
critique d’art Castagnary rédige en effet dans ses Salons une véritable charte<br />
républicaine du naturalisme artistique comme peinture du vrai et comme représentation<br />
de la société contemporaine : la peinture doit être le livre de ceux qui<br />
ne savent pas lire.<br />
Le 24 mai, M. Dominique Jarrassé a présenté quelques aspects de ses<br />
recherches en cours sur « Le mythe aryen dans l’histoire de l’art ». Au XIXe<br />
siècle, l’histoire de l’art repose souvent sur une « ethnicisation » produite par la<br />
convergence des deux mouvements de pensée majeurs que sont alors l’historicisme<br />
et le scientisme. L’intrusion des concepts de l’orientalisme (philologique)<br />
et de l’anthropologie modifie les bases de l’histoire de l’art, désormais reconstruite<br />
en fonction des identités raciales et nationales. Le mythe aryen, pris au<br />
sens où l’a analysé Léon Poliakov (1971), c’est-à-dire la transposition d’une<br />
découverte philologique, la parenté des langues dites « indo-européennes », à une<br />
théorie anthropologique et à une construction pseudo-historique, se révèle sousjacent<br />
à plusieurs visions de l’histoire de l’art. Celle-ci construit alors des généalogies<br />
et des classifications : celles que propose l’histoire de l’architecture, particulièrement<br />
subordonnée alors à la question des origines qui obsède l’époque,<br />
est d’autant plus révélatrice de ce processus que depuis l’époque romantique<br />
l’architecture est assimilée à la « langue des peuples ». Une autre incidence de<br />
l’aryanisme en histoire de l’art tient à l’usage des concepts de progrès et de<br />
perfection ; celle-ci établit alors des échelles de valeur et des hiérarchies dont le<br />
fondement se révèle essentiellement anthropologique. On y puise l’explication<br />
de la supériorité de certaines cultures ou du génie, voire des mutations majeures<br />
de notre histoire. L’étude de l’art, particulièrement au moment où elle se constitue<br />
en tant que discipline, demeure au service de la construction des identités nationales<br />
; elle ne pouvait qu’accueillir les conceptions anthropologiques qui se<br />
paraient alors de toutes les garanties d’une base historique et scientifique solide.<br />
La séance du 31 mai nous a permis d’entendre deux exposés. Le premier, « La<br />
nation en ses Primitifs. Henri Bouchot et l’exposition des Primitifs français de<br />
1904 » a permis à M. François-René Martin d’étudier la dimension nationaliste<br />
de la grande exposition parisienne de 1904. Ancien combattant de la guerre<br />
franco-prussienne et conservateur à la Bibliothèque Nationale, Bouchot sélectionne<br />
les oe uvres avec la volonté de construire une école française autonome de<br />
peinture, formée elle-même d’écoles régionales stylistiquement distinctes les unes<br />
des autres mais unies par une même langue et un même état d’esprit « naïf ».<br />
L’exposition constitue ainsi une réplique à celle des Primitifs flamands organisée<br />
à Bruges en 1902. Grâce à la manifestation de 1904, le public put découvrir des<br />
chefs-d’oe uvre comme le Couronnement de la Vierge d’Enguerrand Quarton ou<br />
la Pietà d’Avignon, mais les choix de Bouchot déclenchèrent de vives polémiques,<br />
en particulier avec Hulin de Loo, Weale, Dimier et Huysmans. Mlle<br />
Isabelle Dubois a présenté un second exposé consacré aux « Primitifs allemands<br />
dans l’Histoire de l’art d’André Michel. Étape d’une reconnaissance ». C’est une<br />
autre de ces grandes expositions de maîtres anciens qui vise alors à développer<br />
des sentiments nationalistes, celle que Düsseldorf consacre aux Primitifs allemands<br />
en 1904, qui révèle à la France l’existence d’une peinture médiévale<br />
allemande. L’Histoire de l’art, réalisée entre 1905 et 1925 sous la direction<br />
d’André Michel, est conçue plutôt sur le modèle des manuels allemands comme<br />
ceux de Franz Kugler ou d’Anton Springer que sur celui de l’Histoire des peintres<br />
de Charles Blanc. Les deux parties du tome 3 consacrées aux peintres allemands<br />
du Moyen Aˆ ge et de la Renaissance sont dues à Michel lui-même, à Maurice<br />
Hamel et à Louis Réau qui a été l’un des premiers à s’intéresser à un art jusque<br />
là méconnu en France.<br />
La séance du 7 juin a été consacrée à l’exposé de Mme Claire Barbillon :<br />
« Charles Blanc (1813-1882), premier titulaire de la chaire d’esthétique et d’histoire<br />
de l’art du Collège de France ». Républicain, nommé à deux reprises directeur<br />
des Beaux-Arts, fondateur de la célèbre Gazette des Beaux-Arts, Charles<br />
Blanc était animé par une vive ambition pédagogique à l’égard du plus grand<br />
nombre. On doit à ce polygraphe la première histoire de l’art illustrée, l’Histoire<br />
des peintres de toutes les écoles depuis la Renaissance (entre 1849 et 1876) et<br />
une Grammaire des arts du dessin (1867) où la dimension esthétique s’ajoutera<br />
à celle de l’histoire. C’est précisément ce lien que Charles Blanc cherche à<br />
exprimer à travers ce qu’on pourrait nommer son « formalisme ». Celui-ci correspond<br />
à l’élaboration d’une esthétique géométrique d’essence platonicienne, appliquée<br />
à l’étude de l’architecture, de la sculpture et de la peinture. Cette même<br />
démarche lui permettra d’affirmer l’unité de l’art qui lie les arts du dessin aux<br />
arts décoratifs.<br />
La semaine suivante, M. Christian Michel a évoqué « Entre la lecture historiographique<br />
et l’utilisation historique : la place des livres de Pierre Marcel (1906)<br />
et Jean Locquin (1912) » pour constater, en introduction, l’étonnante constance<br />
de la faveur accordée à certains historiens de l’art de la fin du XIXe siècle ou<br />
du début du XXe, alors que depuis cette époque les méthodes des sciences<br />
humaines se sont transformées parfois radicalement et que le corpus des oe uvres<br />
d’art disponibles s’est largement accru. Deux livres illustrent ce phénomène : La<br />
peinture française au début du XVIIIe siècle 1690-1721 de Pierre Marcel, et La<br />
peinture d’histoire en France 1747-1785 de Jean Locquin, qui essayent, l’un<br />
comme l’autre, de donner un sens à une importante documentation pour l’essentiel<br />
mise au point par leurs prédécesseurs. En s’appuyant sur Taine et sur une<br />
histoire sociale aujourd’hui vieillie, ils établissent un système de valeurs qui<br />
souhaite seulement réhabiliter certains peintres au détriment d’une histoire de<br />
l’art envisagée dans sa globalité. Dans une perspective téléologique, ils prétendent<br />
expliquer comment la peinture française a, en surmontant des « crises », évolué<br />
heureusement de Le Brun à Watteau (Marcel) et de Boucher à David (Locquin).<br />
Mme Chantal Georgel a conclu ce cycle le 21 juin par un exposé consacré à<br />
« Du livret au catalogue ou de l’histoire des artistes à l’histoire de l’art ». Elle<br />
a rappelé qu’au lendemain de la Révolution, les musées ont d’abord été un lieu<br />
d’étude pour les artistes et les élèves artistes ; un livret accompagnait parfois le<br />
visiteur. A la demande des historiens de l’art et du public, cette simple nomenclature<br />
a progressivement cédé le pas au catalogue en tant que livre d’histoire de<br />
l’art. Inspirés des inventaires après-décès et des guides touristiques de l’Ancien<br />
Régime, les premiers livrets reflètent le souci du XIXe siècle d’inventorier et de<br />
classer le patrimoine. Mais bientôt, de nombreuses voix s’élèvent contre les<br />
erreurs, l’extrême brièveté des catalogues ou leurs jugements de valeurs. La<br />
Seconde République voit l’ami de Delacroix, Frédéric Villot, devenir le conservateur<br />
des peintures au Louvre. Il est l’auteur d’un nouveau type de catalogue qui<br />
servira de modèle durant plusieurs générations : à la description des oe uvres<br />
s’ajoutent une biographie de l’artiste, des indications matérielles, la mention des<br />
attributions diverses et la diffusion par la gravure.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le gothique et la naissance de l’architecture moderne</title>
		<link>https://www.rolandrecht.org/2010/12/25/le-gothique-et-la-naissance-de-larchitecture-moderne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Dec 2010 18:08:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séminaires]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.rolandrecht.org/fr/?p=200</guid>

					<description><![CDATA[Résumé du cours : année 2001-2002 Le gothique et la naissance de l’architecture moderne Après avoir proposé une définition générale de ce qu’on entend par architecture « gothique », le cours de cette année s’est donné pour objectif de montrer à la fois des phénomènes apparents et bien connus de discontinuité — le gothique régulièrement [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong><a href="http://www.rolandrecht.org/wp-content/uploads/2010/12/thumbnail_cdf.jpg"><img loading="lazy" class="alignright size-full wp-image-215" title="thumbnail_cdf" src="http://www.rolandrecht.org/wp-content/uploads/2010/12/thumbnail_cdf.jpg" alt="" width="154" height="155" /></a>Résumé du cours : année 2001-2002</strong></h3>
<p style="text-align: left;"><strong> Le gothique et la naissance de l’architecture moderne</strong><br />
Après avoir proposé une définition générale de ce qu’on entend par architecture<br />
« gothique », le cours de cette année s’est donné pour objectif de montrer à la<br />
fois des phénomènes apparents et bien connus de discontinuité — le gothique<br />
régulièrement récusé par le classicisme au nom du bon goût — mais aussi de<br />
continuité — aucune époque n’est restée indifférente à cette architecture. Il faut<br />
même aller au-delà et rappeler que quelques caractères qui fondent ce qu’on a<br />
appelé le mouvement moderne en architecture, prolongent des traits spécifiques<br />
de l’architecture gothique.<br />
L’architecture doit être regardée comme le résultat formel d’un ensemble<br />
d’opérations complexes qui débutent dans l’esprit du maître d’ouvrage et se poursuivent<br />
sur la planche à dessin de l’architecte, toutes ces phases impliquant une<br />
prise en compte de données économiques — du coût, du matériau, du travail —<br />
et esthétiques qui peuvent être plus ou moins saisies objectivement. L’objet final<br />
n’est cependant pas réductible exclusivement à la somme de ces données : même<br />
si nous disposions d’une documentation exhaustive relative à tous ces aspects<br />
de la production architecturale, nous ne serions pas pour autant en mesure de<br />
comprendre, à travers elles, la signification d’un monument important.<br />
S’interroger sur la signification des grandes entreprises architecturales des XIIe<br />
et XIIIe siècles, c’est considérer qu’elles se situent sur l’horizon technique, intellectuel<br />
et esthétique des hommes de ce temps, la perception visuelle faisant<br />
partie, comme l’a rappelé Lucien Febvre, de « l’outillage mental » d’une époque.<br />
Mais il convenait en premier lieu de revenir à ce terme de « goths » qui désigne<br />
des peuples barbares. Dès le VIIe siècle, un texte évoque l’église de Rouen<br />
dédiée à saint Ouen comme « ecclesia porro in qua sanctum corpus conditum<br />
est miro fertur opere constructa artificibus Gothis ab antiquissimo Hlotario Fran924<br />
corum rege ». Chez Alberti, il est question à propos d’une sculpture, de ses<br />
« mani&#8230;vecchize et gotiche » et pour son contemporain Lorenzo Valla, le terme<br />
désigne une écriture dérivée de l’écriture romaine — c’est alors un concept<br />
historique et stylistique opposé à la latinité. C’est aussi ce que signifie Rabelais<br />
en distinguant, dans Gargantua, écrire « gotticquement » et les caractères<br />
imprimés. Filarete oppose à son tour deux styles d’architecture historiques, l’antico<br />
et le moderno (= gothique) et évoque l’orfèvrerie « gothique » ; c’est Vasari<br />
qui associe pour la première fois l’architecture et les peuples barbares. La maniera<br />
tedesca est, selon lui, différente à la fois de l’antique et de la moderne mais il<br />
n’emploie par le terme « gothique ». C’est le jésuite Scribanius qui identifie<br />
clairement en 1610 le gothique au tedesco de Vasari : à propos de la Bourse<br />
d’Anvers, il parle d’« opere gotico ».<br />
Lors des premières séances, nous avons montré combien la grande diversité<br />
des phénomènes que recouvre l’architecture dite gothique ne favorise guère leur<br />
regroupement sous une même notion. En considérant le sens de structures exemplaires<br />
comme celles des nefs de Saint-Denis et de la cathédrale de Troyes et<br />
en l’opposant à la valorisation de l’ornement dans les églises du gothique tardif,<br />
comme à Saint-Nicolas de Port, on comprend pourquoi les XVIIe et XVIIIe<br />
siècles ont toujours dissocié l’art de bâtir des « goths » et leur « mauvais goût »<br />
en matière d’ornement. Entre le premier gothique d’avant 1150 et les oe uvres du<br />
XVe siècle, il n’y a guère de commune mesure. Tout comme il n’y a que peu<br />
de points communs entre une église dominicaine ou franciscaine et la cathédrale<br />
d’Amiens par exemple. Les monuments érigés en terres d’Empire, mise à part<br />
la cathédrale de Cologne, résolvent les problèmes d’espace et de structure ainsi<br />
que de volume extérieur s’intégrant dans le tissu urbain, d’une manière distincte<br />
des solutions adoptées dans le nord de la France. D’importants décalages chronologiques<br />
peuvent être constatés et dans l’Empire on peut dire que c’est seulement<br />
avec le XIVe siècle que l’on observe l’affirmation de principes novateurs.<br />
L’étude des typologies architecturales permet de plus en plus de dégager des<br />
modèles, parfois à l’échelle du diocèse, pour d’autres à l’échelle des familles<br />
monastiques, sans oublier pour autant les interférences qui peuvent exister entre<br />
ces deux domaines. Mais il ne faut pas négliger les données spécifiques à chaque<br />
chantier qui peuvent définir des orientations que l’histoire de l’art a trop souvent<br />
tendance à considérer comme formelles alors qu’elles sont profondément déterminées<br />
par des conditions locales. L’agrandissement de la cathédrale de Metz sous<br />
l’évêque Jacques de Lorraine (1239-60) accompagne l’intégration de la collégiale<br />
Notre-Dame-la-Ronde dans les travées occidentales de la nef et jusqu’en 1380<br />
environ, une cloison séparera les deux espaces. On ne peut comprendre l’implantation<br />
des deux tours marquant, à l’extérieur, le début réel de la cathédrale, que<br />
dans ce contexte.<br />
Selon quelles caractéristiques peut-on définir l’architecture gothique ? Il s’agit<br />
d’un système constructif qui associe mode de couvrement — la croisée d’ogives —<br />
et contrebutement extérieur — les arcs-boutant dont Saint-Germain-des-Prés<br />
pourrait présenter le premier exemple —, afin de substituer une structure — la<br />
travée-ossature — au mur porteur. Il s’agit aussi d’un ensemble de données<br />
formelles : tracé des arcs, profils des encadrements et des nervures, qui évoluent<br />
d’une façon rapide vers une complexité toujours plus grande. La cathédrale, le<br />
plus haut degré d’achèvement de cette architecture dite gothique, est un phénomène<br />
urbain, tout comme les fondations des ordres mendiants.<br />
Il est légitime d’insister sur cette définition structurelle car elle assigne au<br />
gothique une place déterminante dans la formation progressive, en Occident,<br />
d’une architecture qui n’est plus le simple dérivé de l’antique ou de la paléochrétienne.<br />
La définition de la travée comme unité spatiale et structurelle dont l’architecture<br />
du bas Moyen Aˆ ge a fait un usage remarquable, ne repose pas seulement<br />
sur une solution de couvrement aussi rationnelle et simple que la croisée<br />
d’ogives : en même temps, elle implique la résorption du mur. Or, ce phénomène<br />
prend naissance déjà au cours du XIe siècle dans l’architecture de l’Empire — la<br />
cathédrale de Spire — sans que celle-ci n’en tire pour autant les conséquences<br />
structurelles qui s’imposaient. La conception de Spire II offre aussi l’illustration<br />
très éloquente d’un principe de différenciation selon lequel les éléments porteurs<br />
de la voûte bénéficient d’un traitement particulier conformément à leur fonction<br />
portante. Le choe ur de Noyon reprendra ce principe en l’affinant — les tailloirs<br />
des ogives sont orientés selon la direction des ogives. Accentuation du principe<br />
de différenciation et définition de l’unité spatiale « travée » vont de pair.<br />
Quant à la modénature, elle accompagne ces développements non pas comme<br />
le ferait un ornement, mais comme l’expression d’un besoin accru de visualité.<br />
Comme l’a analysé avec une grande pertinence Viollet-le-Duc, il y a une logique<br />
interne aux profils, les scansions rythmiques qui font alterner formes convexes<br />
et concaves étant à la fois solidaires de la fonction des arcs profilés tout en<br />
libérant, dans cette architecture, un dialogue intense entre l’ombre et la lumière.<br />
La linéarité des grandes élévations du XIIIe siècle dans le nord de la France,<br />
leur lisibilité mais aussi leur poétique particulière reposent, pour une très large<br />
part, sur cette accentuation des effets visuels à travers la subtilité croissante des<br />
profils.<br />
Afin de saisir pleinement la nouveauté de cette architecture, il a fallu évoquer<br />
l’organisation et la composition des chantiers. Le rôle des différents métiers qu’il<br />
regroupe mais aussi l’administration financière du chantier, mieux connue depuis<br />
une trentaine d’années. A la tête des chantiers de Ratisbonne (Regensburg) et<br />
de Strasbourg, on trouve des clercs et des administrateurs laïcs. Mais tandis que<br />
dans le premier cas on observe, entre la seconde moitié du XIIIe siècle et le<br />
début du XVe, un désengagement de la part de la bourgeoisie et de l’évêque au<br />
profit des chanoines en ce qui concerne le financement des travaux de la cathédrale,<br />
dans le cas de Strasbourg la municipalité ne cesse durant cette même<br />
période d’apporter sa contribution financière et son organisation administrative<br />
à la poursuite du chantier. A Cologne, l’évêque n’apparaît pas dans les sources<br />
en tant que maître d’ouvrage : ce sont, comme souvent, les chanoines qui tiennent<br />
cette place. Quant au chantier de Narbonne, il est assez caractéristique de la<br />
situation nouvelle faite aux artisans-artistes et permet de comprendre la mutation<br />
profonde que connaît l’architecture qui, faut-il le souligner, passe avant tous les<br />
autres arts du statut de pratique artisanale à celui de pratique artistique. A`<br />
la tête du chantier de Narbonne se trouvent des clercs, gestionnaires financiers et<br />
responsables du personnel. La responsabilité des travaux incombe au maître de<br />
la fabrique, pendant que le maître (d’oeuvre) principal a la charge du projet :<br />
nous connaissons Jacques de Fauran, maître d’oeuvre de 1310 à 1346/48, qui<br />
travaille à la fois à Narbonne, à Gérone et à Perpignan. Cette situation n’a alors<br />
rien d’exceptionnel : elle révèle l’émergence depuis la fin du XIIe siècle, d’une<br />
véritable profession libérale qui permet à l’architecte d’être, dans les pays du<br />
nord, le premier artisan-ouvrier émancipé de son rang pour accéder à celui<br />
d’artiste. Un artiste sollicité de toutes parts, faisant de l’oe uvre un système formel<br />
dont certaines composantes vont bientôt être reprises, copiées, citées en exemples<br />
ailleurs, soit par lui-même, soit par ses confrères. On n’assiste pas à la naissance<br />
d’un style personnel — une telle notion est en grande partie étrangère à l’architecture<br />
de cette époque — mais à la constitution, par chaque maître d’oe uvre, d’un<br />
vocabulaire suffisamment riche pour lui permettre de répondre à des commandes<br />
très différentes. Cette versatilité qui prend parfois même la forme d’un véritable<br />
éclectisme, l’oe uvre, qui n’a rien d’exceptionnel, d’un Jacques de Varinfroy,<br />
architecte à Meaux, à Évreux, nous en fournit un cas tout à fait exemplaire.<br />
Nouveau statut de l’architecte en même temps que nouvel outil de travail : le<br />
dessin. Certes, la représentation plane de l’architecture, même l’existence de<br />
projets dessinés sont attestées depuis l’Antiquité. Mais il semble bien qu’au cours<br />
du Moyen Age, jusqu’au début du XIIIe siècle en tous cas, les procédés de<br />
planification étaient relativement simples et ne nécessitaient guère une codification<br />
savante et la mise au point d’un système de figuration plane d’un objet<br />
tri-dimensionnel. A partir d’un certain moment, représentation planimétrique et<br />
élévation géométrale d’un édifice sont devenues nécessaires afin de rendre<br />
compte de la complexité de l’objet bâti. Mais leur utilité dépasse très vite cette<br />
nécessité purement conceptuelle : grâce au dessin à grande échelle qui donne en<br />
général une élévation géométrale de la façade principale, le commanditaire peut<br />
se faire une idée précise et suggestive de l’ouvrage à venir. Mais ce dessin<br />
possède encore une autre fonction : il permet au maître d’oeuvre en second — le<br />
parlier ou appareilleur — de transposer les formes envisagées sur le dessin<br />
d’ensemble à l’échelle 1/1 des gabarits. Enfin, grâce au dessin, les idées circulent<br />
plus aisément d’un chantier à l’autre.<br />
A l’aide des nombreux dessins conservés à Vienne, à Ulm, à Strasbourg ou à<br />
Sienne, il est possible de pénétrer plus avant dans le savoir géométrique, voire<br />
même théorique des architectes des XIIIe, XIVe et XVe siècles. Le cours n’a pas<br />
eu pour objectif d’approfondir cette question légitime : existait-il une théorie de<br />
l’architecture à l’époque gothique ? Elle sera abordée ultérieurement. Mais elle<br />
resurgit à plusieurs reprises : lors de l’examen détaillé des monuments les plus<br />
exemplaires dont la conception même permet de supposer l’existence d’une théorie,<br />
mais aussi à l’occasion de l’étude de monuments qui ont fait l’objet de<br />
« restaurations » ou de travaux complétifs à partir du XVIe siècle. C’est le cas<br />
de San Petronio de Bologne dont l’achèvement de la façade sera soumis aux<br />
expertises de Vignole et de Palladio. Ala différence du Duomo de Milan qui a<br />
posé de graves problèmes de statique, donc d’ordre technique, l’église de Bologne<br />
a suscité un véritable débat esthétique : au nom de la conformità, Ercole Seccadenari<br />
opte pour des formes gothiques en 1521. Au cours d’une discussion qui<br />
porte sur la hauteur de la voûte, Terribilia, tout en considérant le gothique comme<br />
du corinthien dégénéré, préconise cependant son emploi, toujours par respect<br />
pour la conformità : « per la perpetuità e per lo stile usato in simile fabriche&#8230; ».<br />
En l’absence d’une théorie gothique, Terribilia demande qu’on s’inspire des<br />
ouvrages gothiques existants. On évitera ainsi cette folie qui consisterait « di<br />
ponere un capello italiano sopra un habito tedesco » !<br />
Dans l’édition du traité de Vitruve parue à Côme la même année, Cesare<br />
Cesariano reproduit une coupe transversale du Duomo de Milan et note que son<br />
système de proportions est « secundum germanicam symmetriam », ce qui<br />
indique de sa part la perception d’une « manière allemande », donc étrangère<br />
aux canons vitruviens, dans l’adoption de certaines proportions. Pellegrino Pellegrini<br />
avait parlé à la fin du XVIe siècle (à propos de Bologne) d’« ordine<br />
Todesco ».<br />
Au cours des séances suivantes, nous avons vu que ni en France, sous Henri IV<br />
et sous Louis XII, ni dans l’Empire on n’avait renoncé aux traditions médiévales.<br />
Nombreux sont les édifices commencés au XIVe siècle ou même plus tôt et<br />
restés inachevés qui se voient complétés lentement au cours du XVIe ou du<br />
XVIIe siècle. L’adoption de voûtes à nervures, d’un dessin souvent complexe,<br />
ou encore le parti de façades monumentales où survivent des rosaces ou des<br />
compositions inspirées du gothique tardif (Saint-Michel de Dijon ou Saint-Pierre<br />
d’Auxerre) témoignent de la continuité entre l’architecture du XVe siècle et celle<br />
qui révèle à l’évidence la connaissance de Vitruve ou qui, parfois même, adopte<br />
la mode italienne de la superposition des ordres — la façade de Saint-Gervais<br />
de Paris due à Jacques de Brosse en 1621, Saint-Germain de Rennes, etc. Lorsqu’en<br />
1680 Claude Perrault restaure Saint-Benoît de Paris, il respecte le profil<br />
des nervures « flamboyantes » et imite des clés de voûte du même type. A été<br />
rappelée aussi la fidélité qu’ont manifestée dans leur architecture les bâtisseurs<br />
jésuites : dans la chapelle de l’ordre à Chaumont, une voûte gothique vient<br />
surmonter un ordre composite.<br />
Dans l’oe uvre théorique de Philibert de l’Orme, cette continuité entre la tradition<br />
gothique et l’époque moderne est bien affirmée : celui qui a achevé la<br />
chapelle gothique du château royal de Vincennes écrit dans le premier tome de<br />
son Architecture (1567) : « &#8230;Aujourd’hui, ceux qui ont connaissance de la vraie<br />
architecture ne suivent plus cette façon de voûte appelée entre les ouvriers la<br />
mode françoise, laquelle véritablement je ne veux dépriser, ains plutôt confesse<br />
qu’on y a faict et pratiqué de forts bons traicts et difficiles ». Cette reconnaissance<br />
de la manière gothique de bâtir des voûtes est celle d’un théoricien maître dans<br />
l’art du « traict » mais aussi d’un technicien, soucieux de bons matériaux, de<br />
techniques sûres et confirmées. C’est cette qualité de la construction médiévale<br />
qui sera reconnue au cours du XVIIIe siècle, de Cordemoy à Soufflot. C’est sur<br />
le principe de dissociation entre la structure et la forme apparente de l’architecture,<br />
principe qui est au coe ur des développements du gothique tardif, que repose<br />
aussi la réévaluation du gothique entreprise tout au long du XVIIIe siècle. Les<br />
ornements gothiques sont récusés, la structure et son économie propre sont au<br />
contraire considérées comme un modèle pour l’architecture moderne. Même ses<br />
proportions — mesurées bien sûr à l’aulne des antiques —, comme il a été vu<br />
chez le commentateur de Vitruve, sont reconsidérées : « Il semble cependant,<br />
écrit Germain Boffrand dans son Livre d’Architecture (1745), que quelques architectes<br />
de ces tems-là avoient connoissance des proportions qui se trouvent dans<br />
les ouvrages antiques ; ou que l’expérience leur avoit fait connoître que certaines<br />
proportions valoient mieux que d’autres. Quelques églises gothiques, quoique<br />
[&#8230;] sans goût, mal imaginées et mal placées par des ornements de mauvais choix<br />
[&#8230;] ne laissent pas d’avoir leur beauté. D’où peut-elle provenir ? si ce n’est<br />
d’une juste proportion de la hauteur à la largeur, et du rapport de toutes les<br />
parties avec le tout ? ». Dans le Nouveau traité de l’abbé de Cordemoy, la<br />
colonnade du Louvre de Perrault avec ses colonnes géminées est jugée comme<br />
un modèle de « dégagement » et de l’« apresté et du serrement des colonnes »<br />
qui caractérisent « ce qu’il y a de bon dans le gothique ».<br />
Son Mémoire sur l’architecture gothique et ses expérimentations relatives à la<br />
solidité de la coupole de Sainte-Geneviève montrent à quel point Soufflot voyait<br />
dans les solutions adoptées par les architectes de l’époque gothique une source<br />
d’inspiration pour l’architecture moderne. Tout comme Frézier, il considérait que<br />
les cathédrales étaient des réponses remarquables apportées à des problèmes<br />
d’équilibre. En quête d’un système constructif rationnel et efficace, Soufflot se<br />
tourne vers Notre-Dame de Dijon dont les relevés dressés par Jallier seront<br />
commentés devant l’Académie en 1762. L’intérêt soulevé par ce monument se<br />
trouvera confirmé par la place que lui accorde Eugène Viollet-le-Duc dans son<br />
Dictionnaire. Mais entre temps, l’effort des antiquaires, l’intérêt grandissant pour<br />
les monuments du Moyen Aˆ ge dont témoigne par exemple le musée d’Alexandre<br />
Lenoir, mais surtout l’expérience mêlée d’esthétique et de religiosité primitive,<br />
de sentiment national aussi, que Chateaubriand attachait au gothique — en filant<br />
la métaphore végétale d’une architecture née dans les « forêts des Gaules» —,<br />
tout cela avait placé le gothique dans une perspective nouvelle. Les sentiments<br />
esthétiques du sublime et du pittoresque, inventés par le siècle précédent, ne<br />
pouvaient pas seulement faire l’objet d’une expérience de l’homme au sein de<br />
la nature, ils devaient également être associés aux églises du Moyen Age laissées<br />
vacantes par le clergé et les fidèles au lendemain de la Révolution. En outre, ces<br />
monuments deviennent les témoins d’un riche passé national. Tantôt revendiqués<br />
comme l’expression spécifique d’une architecture allemande — c’est ce que fait<br />
le jeune Goethe en perpétuant la confusion opérée par Vasari —, tantôt considérés<br />
comme des témoins exemplaires de l’histoire ancienne de la France, les monuments<br />
gothiques jouent un rôle qui est loin d’être négligeable dans la définition<br />
du sentiment national.<br />
Le cours a mis l’accent sur la concomitance entre ces considérations d’ordre<br />
esthétique et politique et les développements plus proprement techniques de<br />
l’architecture. Les unes ne vont pas sans les autres. Dans la cathédrale gothique,<br />
un architecte contemporain de Didron et de Lassus, Louis-Auguste Boileau pense<br />
avoir trouvé l’expression la plus achevée de la synthèse chrétienne, et le point de<br />
départ d’une architecture nouvelle qui, prenant pour modèle l’« ossature ogivale »<br />
comme « solution complète de l’art monumental moderne », parviendrait à un<br />
nouveau degré de perfection. Il conçoit alors une « cathédrale synthétique » de<br />
168 mètres de long, dont le plan et la structure seraient fondés sur la répétition<br />
d’une même unité modulaire. Toute une partie du XIXe siècle retrouve ainsi un<br />
des caractères propres à l’architecture gothique — en tous cas à un monument<br />
de l’extrême fin du XIIe siècle comme la cathédrale de Bourges — selon lequel<br />
la travée-ossature ne possède pas seulement une fonction structurelle mais également<br />
constructive, donc économique. L’église gothique est alors considérée<br />
comme le modèle d’un système d’assemblage simple, une sorte de Meccano<br />
géant. La pierre et le verre ou, très souvent, le fer et le verre vont former les<br />
ingrédients permettant de procéder à ces assemblages. Mais une structure apparente<br />
n’est pas qu’une solution d’ordre constructif. Elle répond aussi à une autre<br />
préoccupation dont il est question dans la « lampe de vérité » de John Ruskin.<br />
En ne cachant pas la fonction derrière la forme, la construction gothique est<br />
l’exemple même de la vérité, donc de la morale en architecture.<br />
De semblables conceptions ne s’éteignent guère avec les utopies que souvent<br />
elles accompagnent. Lorsque l’ingénieur Pier Luigi Nervi affirme que les structures<br />
gothiques soulignent les lignes de force de l’édifice, il justifie l’emploi<br />
qu’il fait d’immenses nervures en béton autoportantes dans la construction du<br />
stade de Turin. Les murs-rideaux et les ossatures en béton qui caractérisent le<br />
mouvement international ne doivent évidemment pas leur existence à l’architecture<br />
gothique d’une façon directe. Mais c’est elle qui a élaboré pour la première<br />
fois une conception de la structure « autoportante » à la place du mur porteur,<br />
ouvrant la voie à une pensée avant tout constructive de l’architecture, pensée qui<br />
ne connaîtra sa véritable et pleine expression qu’au XIXe et surtout au XXe siècle.</p>
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
