Posted on Oct 8, 2016 in Actualités, Diapo, Livres

REVOIR LE MOYEN ÂGE

La pensée gothique et son héritage.

352 pages, 107 illustrations, bibliographie et index

Editions A. et J. Picard, Paris.

Une grande partie de l’art du Moyen Âge est dominée par la perpétuation de schèmes figurés qui voilent la perception des êtres et des choses qui nous entourent. Mais certaines œuvres suscitent une autre forme de perception, et par conséquent de capacité cognitive, en particulier par la restitution du portrait individuel et par la représentation de la nature. L’auteur examine ces deux processus à partir de quelques œuvres marquantes.

Depuis les années 1140, l’art gothique tend toujours davantage à la prise en compte de l’homme social, le point culminant se situant sans doute autour de 1400 lorsque les codes de conduite de la « société de cour » et sa stylisation sont visibles dans la peinture et la sculpture. Ainsi, le monde de l’art et celui des hommes interagissent.

Il est remarquable que peu après, un sculpteur – Claus Sluter – et un peintre – Jan van Eyck – manifestent un intérêt inédit respectivement pour l’individualisation des personnages et la restitution de paysages construits qui sont les premiers dans l’histoire de l’art pictural.

Mais l’art gothique ne s’est jamais manifesté avec davantage d’originalité et avec un génie inventif plus élevé qu’en concevant une architecture proprement révolutionnaire. La « cathédrale gothique » est le fruit d’une imagination créatrice et d’une audace technique qui n’ont cessé de surprendre, depuis la Querelle des Anciens et des Modernes jusqu’à Viollet-le-Duc.

Enfin, l’auteur montre que l’idée de nation est inséparable de la redécouverte des « primitifs » et de l’art gothique en général : il s’agit de substituer à une histoire de l’art uniquement centrée sur le modèle antique, un récit continu qui va de l’Antiquité aux temps modernes en englobant les « âges obscurs » et qui incorpore des formes artistiques qui seraient l’expression de singularités « nationales ».