Posted on Août 21, 2016 in Actualités

Quand comprendra-t-on que la France est un pays centralisé ? Et que c’est l’origine de (beaucoup de) nos maux ?

Lorsque le projet du Louvre-Lens a été lancé, le Louvre était dirigé par un monarque. Ainsi se perpétuait, non plus à Versailles mais aux bords de la Seine, la méconnaissance la plus profonde de la « province ». La greffe Louvre-Lens ne pouvait tout simplement pas prendre parce qu’on s’est imaginé que le modèle des « beaux-arts » transformerait les habitants de cette région en public captif.

Je n’entrerai pas dans le détail de l’analyse de M. Tobelem (http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/21/le-louvre-lens-a-t-il-echoue_4985662_3232.html) mais je voudrais simplement faire quelques remarques :

– le lancement d’un nouveau musée repose sur quelque chose de très éphémère que l’on appelle la communication : celle-ci a un prix, donc une durée très limitée ; aucune prévision d’un nombre de visiteurs sur lequel la nouvelle institution pourrait compter ne s’est avérée juste jusqu’ici, c’est la loi du genre ;

– la gratuité est un effet d’annonce auquel les politiques aiment croire : elle est le fruit d’un grave contresens sur la définition même de collections publiques ;

– c’est seulement au niveau des établissements d’enseignement que l’on évitera d’autres échecs (peut-être moins coûteux) comme celui de la météorite de Lens : un enseignement qui prend en compte l’âge et l’environnement social des jeunes, et qui travaille de concert avec les collections publiques dont les enseignants peuvent disposer au sein de leurs régions. Autrement dit, il faut revenir à la case départ : mais personne dans les cabinets des ministres concernés (enseignement et culture) ne va faire le lien entre ceci et cela.

Il n’y a plus qu’à attendre que la dynamique (réelle, elle) des 40 musées du Nord-Pas-de-Calais vienne au secours de cette institution qui est visiblement en panne. Je serais très surpris qu’ils en aient l’intention.

 

Roland Recht