Posted on Août 27, 2010 in Livres

L’histoire de l’histoire de l’art étudie toutes les formes de discours qui prennent pour objets les oeuvres d’art, les conditions historiques et idéologiques dans lesquelles ces discours ont été élaborés, et les sujets de ces discours. Son développement depuis une quarantaine d’années est le résultat d’une crise profonde qui a affecté la discipline, tout comme l’ensemble des sciences humaines. Or, une discipline qui perd ses certitudes s’interroge fatalement sur ses méthodes et plus encore sur sa propre histoire. Ce qui est alors en jeu, ce sont les contours mêmes de l’histoire de l’art. Centrée avant tout sur l’établissement de catalogues et de biographies d’artistes, sur l’interprétation iconographique, sur l’étude matérielle des oeuvres d’art, l’histoire de l’art est entrée dans les années 1970 dans une phase nouvelle. Des thèmes sont alors définis, qui avaient été jusque-là considérés comme devant rester à l’extérieur de son champ: par exemple, la théorie de la réception élaborée par la critique littéraire, qui fournit des outils remarquables à l’histoire de l’art; ou V« ère de la reproductibilité technique», qui affecte jusqu’au statut même des oeuvres reproduites; ou encore, l’activité croissante des musées, qui contribue fortement à modifier le champ d’intervention où l’histoire de l’art s’est jusque-là cantonnée. L’intérêt porté aux grandes figures de la discipline, à l’idéologie qui sous-tend les discours sur l’art – que ce soient des livres ou des expositions, l’enseignement ou les autres formes de diffusion du savoir -, aux reproductions et au musée imaginaire, aux doctrines relatives au patrimoine monumental et muséal : tels sont quelques uns des «genres» qui entraînent aujourd’hui l’histoire de l’art aux confins d’autres spécialités, déplacements ou élargissements dont elle tire le plus grand profit. Le présent recueil, sous le titre Histoire de l’histoire de l’art en France au XIXe siècle, et qui réunit des contributions d’une trentaine d’historiens de l’art, quelques-uns venus de pays où l’historiographie de l’art est riche d’une longue tradition, voudrait contribuer à inscrire une réflexion sur ses méthodes et sur les figures qui les ont illustrées, dans les priorités de cette toujours jeune science humaine qu’est l’histoire de l’art.
L’initiative de cette publication est due conjointement à l’INHA (Institut national d’histoire de l’art) et au Collège de France.

Davantage d’informations sur le colloque lui-même sur la page dédiée dans les archives de l’INHA.